savez-vous que... la canne à sucre a de multiples ressources

Christophe Poser – CIRAD

Protection optimale contre l’érosion

La gestion « en damier » de la culture de la canne favorise la protection des sols, particulièrement exposés à l’érosion à La Réunion en raison du relief montagneux et du climat tropical humide.

Les champs ne sont labourés et replantés que tous les sept à dix ans et les parcelles d’une même exploitation ne sont jamais replantées en même temps. De ce fait, les surfaces à nu n’excèdent jamais (15% sur la sole cannière et elles sont isolées au milieu de parcelles végétalisées). Les risques de voir la terre emportée par les eaux de ruissellement sont donc limités.

De plus, la canne à sucre est particulièrement résistante aux cyclones et repart rapidement en croissance après de tels épisodes.

Si son système racinaire très développé maintient le sol, les pratiques agricoles sur les pentes contribuent également à le fixer : plantations suivant les courbes de niveaux, aménagement d’andains formant des terrasses successives.

Les racines de la canne, qui se renouvellent après chaque coupe, favorisent l’aération du sol et restructurent ceux qui ont été compactés par le passage des engins agricoles. Contrairement à de nombreux pays, à La Réunion les cannes ne sont pas brûlées avant la récolte pour faciliter la coupe. Les feuilles, laissées au champ, se transforment en engrais naturel et limitent l’émergence des mauvaises herbes, tout en limitant l’impact de la pluie sur les sols.

La culture de la canne permet enfin d’autres plantations en intercalaire, qui apportent une couverture supplémentaire.

Christophe Poser est agronome, chercheur au CIRAD de la Réunion (Unité de Recherches Systèmes de culture annuels).

 



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